Ma mission de stage méritait bien quelques mots au moins (j'espère avoir l'occasion d'y revenir plus tard), court hommage à la raison de ma présence ici.
Que fais-je? où vais-je? d'où viens-je? Non, décidément, la dernière, on la gardera pour un autre jour, inch'allah.
Mais je peux m'essayer à rafistoler des bouts d'idées pour éclairer vos lanternes sur les deux premières interrogations.
Je suis stagiaire, ou plutôt assistante de la coordinatrice locale, pour un projet de développement économique à destination des femmes touchées par la migration dans la région de Khouribga. On reprend depuis le début :
-khouribga : cette ville minière entre Casa et Marrakech plus ou moins, est connue pour être le premier centre de phosphate du monde!! oui oui mesdames et messieurs, nous ne rêvons pas, je suis en plein milieu du terreau de l'industrie d'extraction marocaine. La chance!... L'inconvénient est que la ville est entièrement dépendante de l'activité des mines, et que son économie n'a pas réussi à se diversifier. Ajoutez aux manques de potentialités de travail un zeste de problèmes scolaires (un des plus fort taux d'analphabétisation du pays) et vous obtenez un bougiboulga de migrants, surtout vers l'Europe, dont la plupart en Italie. La coopération italienne est d'ailleurs partenaires du projet.
- les femmes : Dans cette situation difficile, les femmes sont les plus vulnérables. Elles ont dés les années 80 féminisé la migration marocaine par l'intermédiaire du regroupement familial; néanmoins, suite aux durcissements des politiques migratoires européennes et au changement de mentalités au maroc, le choix de la migration est progressivement devenu genré. Autrement dit, les femmes ont entrepris leur propre migration. Cette avancée des femmes sur l'espace public et économique offre des potentialités énormes pour un développement local qui prend en compte les discriminations sexuelles.
En effet, pour les femmes qui restent à khouribga, ou qui reviennent d'une période migratoire, ca reste coton....
- développement économique : Il aura fallu attendre que les bailleurs de fonds mettent à la mode le thème de la migration pour que les deniers pleuvent. Je reparlerai sûrement de ce sujet qui me chatouille plus tard.
Cela étant, une association locale, le CICSN a obtenu le financement de la Commission Européenne et du PNUD, dans le cadre de leur "initiative conjointe pour la migration et le développement".
Le projet a pour objectif d'encadrer des femmes dans la création de leur TPE. Ces femmes travaillent depuis longtemps à domicile pour subvenir aux besoins de leur famille (couture, patisserie, couscous,etc.), ont des économies, la volonté de s'épanouir personnellement et professionnellement, mais ni la force ou ni l'environnement favorable, ou ni les compétences... ou les trois à la fois.... Le projet propose donc plusieurs volets de formation : "de base" (alphabétisation), de "perfectionnement métier", et surtout de "gestion managérielle". Le tout assorti d'activités socio-culturelles pour renforcer la confiance et l'estime de ces femmes, toutes méritantes!
On organise aussi un séminaire pour attirer l'attention sur ce problème, avec des ministres ytoutytout, le 16 avril, et le projet compte aussi créer un fonds social de développement pour proposer des crédits à taux 0 pour les femmes en exprimant le besoin.
De leurs côtés, les italiens sensibilisent les migrants à leur rôle dans le développement local, et à un possible retour, ou tout du moins, à une possible association professionnelle avec les bénéficiaires, si j'ai bien tout compris (on a peu de visibilité sur le travail de l'Italie).
OUF!!!
- A quoi puis-je bien servir?: Et donc, Moya, avec ses petits souliers, est chargée de mettre son grain de sel, en gros d'évaluer, de critiquer, de proposer, d'aider à la mise en oeuvre à Khouribga, en faisant le lien avec le siège de l'association à Casablanca. Tant qu'on y est, j'écris un livre sur le sujet, autour des "best practices du projet" , de ce qui a marché, de ce qui a échoué, de ce qui aurait pu être amélioré, et comme ca ne me suffisait pas, je donne des cours de francais....
voilà succintement (ou pas) l'objet de ma présence ici, qui m'offre la belle opportunité de vivre dans ce pays, à 100%. Les bénéficiaires m'ont très bien accueillie, ont l'air d'aimer mes blagues en cours de francais (par geste forcément), donc tout roule de ce côté. Quant au projet, j'y reviendrai dans le détail prochainement....:)
(Morroco)

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