samedi 8 mai 2010

Hommage aux femmes du Maghreb

La beauté sous le signe du Maroc

Les marocaines prennent énormément soin de leur corps et de leur chevelure, leurs attributs de femme. Celles qui en ont les moyens peuvent aller faire un brushing et une manucure une fois par semaine (30 dh environ, soit 3 euros) !!
Les femmes marocaines vont aussi au Hammam environ une fois tous les 10 jours, ou après un voyage, ou encore avant une occasion importante (il faut aller au hammam la viille du jour où l'on veut faire impression).
Mais ce n'est pas tout.

Le Maroc regorge de ressources naturelles employées astucieusement par les marocaines.


1) Des cheveux brillants et une peau douce

Le Henné. Sûrement l'une des astuces beauté du monde arabe les plus exportées. On peut l'utiliser pour colorer naturellement les cheveux, en leur donnant un aspect plus ou moins cuivré, selon le temps de pause. Le temps de pause agit aussi comme un masque nourrissant pour la chevelure qui ressort brillante et douce. Pour ma part, je préfère laisser poser le henné seulement une 10aine de minute. Cela confère de très beaux reflets, de façon très naturelle.
Petit secret, s'il vous reste du henné après avoir traité vos cheveux, vous pouvez vous en enduire le corps (mélangé au préalable à de l'eau, comme pour le traitement des cheveux), tel un masque intégral. Il gomme la peau et la laisse toute douce. Ne vous inquiétez pas, votre peau ne virera pas au orange, mais aura au contraire un aspect plus doré.

Le Rassoul est une argile d’origine volcanique du Moyen Atlas. Le mot arabe signifie "matière qui lave". Il est en effet utilisé depuis plusieurs millénaires au Maroc, d'abord comme shampoing mais aussi comme base de crème et de masque, pour ses capacités d'affiner le grain de la peau et de stimuler le renouvellement cellulaire. Sa transformation en produit de beauté relève d'un procédé simple mais un peu long. Il s'achète finalement la plupart du temps déjà préparé. Exposé au soleil durant plusieurs heures, on le trempe ensuite dans de l'eau. On peut y ajouter ce qu'on veut (rose, clous de girogle, etc.). Quand la contenance s'approche d'une crème pâteuse, il faut l'étaler à nouveau au soleil. Devenu quasi dur, le rassoul se vend en petit sachet. Il suffit de mélanger le contenu à un peu d'eau pour obtenir masque et shampoing.

L'huile d'argan
Chère mais précieuse. Les femmes s'en enduisent le corps entier à la sortie du hammam. Effet garanti!
Pour ma part, je trouve que l'huile de rose est aussi efficace;). On peut aussi s'en enduire les cheveux avant le hammam (ou la douche). L'huile de rose est aussi un excellent préventif contre les rides.

2) Pour une peau éclatante :

Le "Akar Fassi" (le rouge de Fès) : un minerai issu de la région de Fes.
On peut le mélanger à de l'eau de rose pour en faire un masque (incontestablement mon produit de beauté préféré ici!!) mais on peut également ajouter un chouia de poudre dans sa crème de jour tous les matins. Cela adoucit la peau et lui donne un sacré coup de lumière.

3) Petite astuce pour des pieds de bébé :

Mélanger du savon noir avec un peu de mercurochrome. S'en enduire les pieds. Recouvrir avec des chausettes, à garder toute la nuit. Le matin, sous la douche, frotter les pieds avec une pierre ponce. Un miracle apparemment.

Cette petite parenthèse cocooning est terminée. C'est un post très féminin, mais j'ai tenu à en parler car les produits présentés ont le mérite d'être bio et peu couteux en général. Pourtant, je ne fais pas partie des filles qui prennent réellement soin d'elles (à peine une crème de jour le matin), mais ici, on ne peut que succomber à toutes ces astuces qui fonctionnent vraiment....

mercredi 5 mai 2010

La terre marocaine

Sentiments quelque peu confus éprouvés envers cette terre marocaine.
Je devrais plutôt dire « ces » terres marocaines, tant la diversité des paysages me surprend toujours. Ma région est très agricole, et les champs de blé mêlés aux coquelicots (faute de désherbants ultra chimiques) s’offrent à la vue sur 360 degréS. Cela n’empêche pas l'exploitation des sous-sols , qui regorgent d’une autre richesse : le phosphate. Les « déchets » de terre et de sable issus de l'exploitation intensive du matériau, forment des pyramides qui rompent la monotonie des terres plates cultivées. Ces pyramides se recouvrent avec le temps d’une belle toison verte, et deviennent des collines parmi d’autres. J’aime cette emprise de la nature……

Le sud, que j’ai découvert plus récemment, offre à lui seul une explosion de couleurs ! « Explosion » tant les paysages se succèdent mais ne se ressemblent pas. Les montagnes de l’atlas près de Marrakech restent cultivées, et l’on admire depuis la route en lacet des carrés de couleurs diverses dans les multiples vallées en contrebas. Très vite, une fois le col de Tichka dépassé (le plus haut passage routier du Maroc, 2260 m), la nature se raréfie et seuls de robustes arbustes miniatures trouvent leur eau dans la caillasse des montagnes devenues hostiles. Ces touches vertes parsemées sont presque attendrissantes, pour un temps. Une fois Ouarzazate atteinte, les plaines de pierre et de terre rouge s’installent et prennent le dessus sur le relief montagneux, qui se fait une toute petite place à l’horizon. La route rectiligne parait interminable. Parfois, au détour d’un long virage, ô miracle, une vallée apparait, grâce à un oued intact. Les lauriers, les rosiers, et les palmiers poussent alors en tout sens, et créent une magnifique oasis. Cette détente pour l’esprit et les yeux est néanmoins plutôt rare car les oueds, débordant 3 mois dans l’année, sont le reste du temps complètement asséchés.

Subtilement, progressivement, le sable s’insère entre les cailloux des plaines. Mais c’est sans prévenir que les premières grandes dunes apparaissent, dans le brouillard épais créé par le mélange dément du sable et du vent. Quelle émotion ai-je ressenti alors…. Ces dunes droites, choyées par le soleil, caressées par l’air. Jaune vif aux heures les plus ardentes, rosées à l’aube, bleutées à la tombée du jour…..Je n’y ai passé que 12 heures, mais 12 heures chéries, émouvantes, intenses, les yeux grand ouvert, à observer le glissement des grains dorés, la lumière mouvante, l’orage lointain….

La terre marocaine donne le vertige, le tournis, mais par dessous, j'’éprouve pour elle une infinie tendresse....

Voiles au vent

La question du voile fait tellement débat en France et en Europe que j’ai envie d’y mettre mon petit grain de sel en partant de mon expérience marocaine.

Déjà, comme les spécialistes du monde arabe le rappelle, il existe plusieurs types de voiles, à ne pas confondre. La Burka bien sûr, tout le monde la connait, vient avant tout de l’orient. On en trouve un peu au Maroc mais elles ne sont en aucun cas des tenues traditionnelles ici, et sont considérées avec « curiosité » voire « perplexité ».

Le Niqab par contre, est la tenue traditionnelle marocaine par excellence. Les anciennes le portent encore, et l’agrémente d’une petite réglette au sommet du crane, pour conférer au voile un aspect carré. Cette pratique relève purement de la coquetterie. Les yeux maquillés, ce voile confèrerait selon les femmes marocaines un certain mystère voire une certaine sensualité. Il est donc considéré comme un vêtement pratique, et esthétique, sans réelle connotation religieuse. Il ne représente donc pas forcément la volonté d’enfermer ou de cacher la femme. D’ailleurs, les anciennes générations étaient peut-être plus ouvertes, et plus modernes que les nouvelles. Le rapport entre hommes et femmes paraissaient moins ambigus selon les témoignages que j’ai reçus ici.

Le hijab par contre, terme plus large, a traditionnellement une connotation religieuse (à l’abri des tentations et du regard des hommes, un symbole de rejet, par un engagement religieux). On cache la beauté de la femme, inscrite dans sa chevelure, les contours de son visage.

En occident, on appelle couramment hijab le voile religieux traditionnel, qui laisse le visage découvert.

Dans cette double définition se trouve le terreau des grandes contradictions autour de la définition et de l’utilisation du voile.

Si originellement, le hijab servait à soustraire à la vue, aujourd’hui, on en trouve de très colorés, voire « tapageurs » selon certaines femmes marocaines. Les filles peuvent porter le voile en même temps qu’une mini jupe ou un maquillage très appuyé. Le Niqab apparait donc aujourd’hui plus « extrème » que le Hijab, dans sa conception moderne.

Cette contradiction s’explique si l’on conçoit les différentes raisons du port du voile. Toutes les femmes ne portent pas le voile par conviction religieuse. Certaines sont obligées par leur famille bien sûr, mais d’autres le portent par choix « non religieux ».

Trois raisons peuvent expliciter cette dernière affirmation.

Certaines le portent tout simplement par mode, en s’inspirant des façons de porter le Nijab des magnifiques actrices des soaps arabes et égyptiens. Le voile ne devient donc par ce biais qu’un attribut esthétique.

D’autres le portent pour se marier. Une jeune fille portant un voile sera en effet plus à même d’attirer de potentiels prétendants. Ceci car le voile leur confère un aspect respectable, sage, pieux, ce qui suppose qu’elles n’ont pas eu de comportements tendancieux avec d’autres hommes par le passé.

A l’opposé, certaines portent le voile juste pour qu’on leur fiche la paix justement. Elles recherchent la tranquillité. C’est notamment le cas d’une de mes amies, mariées de force à 17 ans, empoisonnée par sa belle-mère et divorcée « par chance » à l’âge de 19 ans. Aujourd’hui, elle a repris ses études, et malgré sa vie de jeune fille très moderne, qui drague, sort, etc., elle préfère porter le voile.

Quoiqu’il en soit, il faut vraiment faire très attention sur ce sujet. Les nuances sont nombreuses, les convictions également. Si les voiles couvrants sont une barrière pour la femme selon moi, il ne faut surtout pas généraliser, et ne pas mettre tous les « voiles dans le même panier »…….

EXEMPLE DE NIQAB