mercredi 5 mai 2010

Voiles au vent

La question du voile fait tellement débat en France et en Europe que j’ai envie d’y mettre mon petit grain de sel en partant de mon expérience marocaine.

Déjà, comme les spécialistes du monde arabe le rappelle, il existe plusieurs types de voiles, à ne pas confondre. La Burka bien sûr, tout le monde la connait, vient avant tout de l’orient. On en trouve un peu au Maroc mais elles ne sont en aucun cas des tenues traditionnelles ici, et sont considérées avec « curiosité » voire « perplexité ».

Le Niqab par contre, est la tenue traditionnelle marocaine par excellence. Les anciennes le portent encore, et l’agrémente d’une petite réglette au sommet du crane, pour conférer au voile un aspect carré. Cette pratique relève purement de la coquetterie. Les yeux maquillés, ce voile confèrerait selon les femmes marocaines un certain mystère voire une certaine sensualité. Il est donc considéré comme un vêtement pratique, et esthétique, sans réelle connotation religieuse. Il ne représente donc pas forcément la volonté d’enfermer ou de cacher la femme. D’ailleurs, les anciennes générations étaient peut-être plus ouvertes, et plus modernes que les nouvelles. Le rapport entre hommes et femmes paraissaient moins ambigus selon les témoignages que j’ai reçus ici.

Le hijab par contre, terme plus large, a traditionnellement une connotation religieuse (à l’abri des tentations et du regard des hommes, un symbole de rejet, par un engagement religieux). On cache la beauté de la femme, inscrite dans sa chevelure, les contours de son visage.

En occident, on appelle couramment hijab le voile religieux traditionnel, qui laisse le visage découvert.

Dans cette double définition se trouve le terreau des grandes contradictions autour de la définition et de l’utilisation du voile.

Si originellement, le hijab servait à soustraire à la vue, aujourd’hui, on en trouve de très colorés, voire « tapageurs » selon certaines femmes marocaines. Les filles peuvent porter le voile en même temps qu’une mini jupe ou un maquillage très appuyé. Le Niqab apparait donc aujourd’hui plus « extrème » que le Hijab, dans sa conception moderne.

Cette contradiction s’explique si l’on conçoit les différentes raisons du port du voile. Toutes les femmes ne portent pas le voile par conviction religieuse. Certaines sont obligées par leur famille bien sûr, mais d’autres le portent par choix « non religieux ».

Trois raisons peuvent expliciter cette dernière affirmation.

Certaines le portent tout simplement par mode, en s’inspirant des façons de porter le Nijab des magnifiques actrices des soaps arabes et égyptiens. Le voile ne devient donc par ce biais qu’un attribut esthétique.

D’autres le portent pour se marier. Une jeune fille portant un voile sera en effet plus à même d’attirer de potentiels prétendants. Ceci car le voile leur confère un aspect respectable, sage, pieux, ce qui suppose qu’elles n’ont pas eu de comportements tendancieux avec d’autres hommes par le passé.

A l’opposé, certaines portent le voile juste pour qu’on leur fiche la paix justement. Elles recherchent la tranquillité. C’est notamment le cas d’une de mes amies, mariées de force à 17 ans, empoisonnée par sa belle-mère et divorcée « par chance » à l’âge de 19 ans. Aujourd’hui, elle a repris ses études, et malgré sa vie de jeune fille très moderne, qui drague, sort, etc., elle préfère porter le voile.

Quoiqu’il en soit, il faut vraiment faire très attention sur ce sujet. Les nuances sont nombreuses, les convictions également. Si les voiles couvrants sont une barrière pour la femme selon moi, il ne faut surtout pas généraliser, et ne pas mettre tous les « voiles dans le même panier »…….

EXEMPLE DE NIQAB

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