Une claque de souvenirs et de nostalgie m’a un peu déséquilibrée en les revoyant, mais on a bien vite fait la place à la découverte.
J’ai profité du tour qu’elles avaient réservée pour m’incruster. Les filles ont en fait réservé 10 jours en demi-pension, avec 4x4 et guide, pour visiter le centre du Maroc et le désert. Et mon expérience avec elle m’amène à relativiser mon mauvais a priori sur les tours organisés. Bon je reste définitivement réfractaire aux tours dans les clubs, tout compris, sans aucune spontanéité, ni découverte originale. Par contre, prendre un jeune guide avec chauffeur, avec quartier libre l’aprèm, sans se prendre la tête de l’hôtel et du diner, c’est quand même pas mal. D’abord, on gagne un temps fou en termes d’organisation et de transport, ensuite on découvre pas mal de choses dont on serait passée à côté avec l’aide seule du guide du Routard.
On a donc bien profité de la ville, en une seule longue matinée. D’abord, on est allé voir le palais royal du roi. Hassan II a laissé à son fils (le roi actuel, Mohamed VI) un palais dans chaque ville importante du royaume. Celui de Fès occupe 80ha. A noter que le roi n’est pas très intéressé par ces marques de faste et de prestige. Par exemple, à rabat, il a préféré retaper la villa de son grand père pour y vivre avec sa famille plutôt que de vivre dans le palais comme le veut la tradition.
Ensuite, nous avons bénéficié d’une super vue sur la ville (encore une fois, vive les tours je le reconnais car ça aurait été galère avec un moyen de transport autre, et trop cher). On a ainsi pu avoir une vue d’ensemble de l’ancienne médina, de l’architecture de la ville, et du nombre incroyable de mosquées. On trouve également l’université Al Quaraouiyine, considérée comme étant la plus ancienne université dans le monde, encore en activité. 
Petit tour en suivant par un centre de formation en poterie et en céramique. On a pu assister à toutes les étapes de l’élaboration d’un plat ou d’un vase, c’est assez impressionnant, surtout au niveau de la taille de la pierre. Sans outil mécanique, seulement à l’aide d’un burin, les apprentis parviennent à dégager de la pierre de petits motifs comme des étoiles, des triangles, etc.
Enfin, on a marché longuement dans la médina, à la découverte de quartiers qui se succèdent mais qui ont chacun leur identité et leur corps de métier : tisserands, tanneurs, travailleurs du cuivre, travailleurs de teintures de tissus, etc. Une ballade très sympa au cœur de la ville, que je recommande vivement à tous les routards. Le must, c’est le petit côté dangereux des ruelles où des mules et ânes arrivent par derrière, subrepticement. Heureusement, leur propriétaire reconnaissent les touristes même de dos apparemment, et nous hurlent toujours « attention » à temps :).Un gros problème à souligner néanmoins : le quartier des tanneurs (cf. photo ci-dessous). C’est très impressionnant de voir les hommes travailler le cuir de cette façon, en faisant passer les peaux de cuve en cuve (nettoyage, fiente de pigeon pour l’ammoniaque, nettoyage bis, teinture naturelle par la suite) et effectivement c’est assez photogénique. Néanmoins, les hommes travaillent dans des conditions plus qu’horribles, les touristes s’extasiant toute la journée au dessus de leur tête, un brin de menthe collé sur le nez pour résister à l’odeur puante. Vous me direz que ce sont ces touristes qui permettent à ces gens de travailler. Certes. Néanmoins il faut savoir que dans l’ensemble du reste du pays, la fabrication de sacs est devenu moderne et mécanisée, tout en conservant un savoir faire ancestral dans le traitement du cuir. Seul le site de production de l’ancienne médina de Fès a été conservé tel que, seulement pour séduire les appareils photos des touristes. Cela a créé un gros débat, qui continue encore aujourd’hui au Maroc. Doit-on faire passer l’intérêt des touristes avant la dignité des hommes ? Pour moi, la réponse est claire, mais apparemment ce n’est pas le cas de tout le monde. J’aimerais savoir de quelle façon ces travailleurs sont rémunérés. Ils ne sont même pas organisés en coopératives. Ce sont donc sûrement les marchands des terrasses qui récupèrent le gros lot j’en ai bien peur.
Bref, outre cette petite précision, j’ai vraiment adoré cette escapade, à la découverte d’une autre réalité marocaine. Encore une fois, malgré le flot touristique assez important, surtout à cette saison, les marocains sont restés très cool avec nous, même les commerçants, qui nous ont fait essayer beaucoup de choses sans nous faire culpabiliser quand on n’avait pas envie d’acheter, c’était très agréable…..Mention spéciale aux deux guides des filles, qui ont tout fait pour arranger mon « incruste », et qui sont vraiment excellents !!! :)



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