A Khouribga, l'entrée coûte 10 dh, ce qui permet à toutes les femmes qui le souhaitent de s'y rendre une fois par semaine ou tous les 10 jours à peu près. Les hommes espacent beaucoup plus leurs sessions apparemment;). A Casablanca l'entrée d'un hammam modeste coûte entre 10 et 20 dh. Les prix peuvent aller jusqu'à 400 dh pour les hammams de luxe tels qu'on les voit en Occident.
Une fois les considérations financières réglées, il faut envisager l'organisation. On ne peut se rendre au Hammam le plus basique sans son matériel : seaux (pour contenir l'eau qui nous rince, nous réchauffe et nous délasse), tongs (pour ne pas glisser sur les sols détrempés), natte (en plastique, pour s'asseoir). Ces accessoires peuvent être prêtés dans les hammams des grandes villes. Il faut aussi emporter le savon buildi « traditionnel », et tout produits de beauté que l'on juge nécessaires : masque, shampoing, etc, la pierre ponce pour les pieds, le gant de toilette en crin pour le gommage, des serviettes, un tricot et des vêtements souples pour la sortie du bain, ainsi qu'un bonnet ou un foulard pour ne pas attraper froid. C'est donc avec un sac de sport rempli et des seaux sous chaque bras que l'on se rend au Hammam de Khouribga. Les vestiaires nous permettent de nous dévêtir, entièrement si on le souhaite, ou l'on peut rester en petite culotte. Les corps de femmes de tout âge, et d'enfant, se côtoient dans la plus parfaite intimité, et dans la complicité même. On se sourit, on se prête les produits, on dit bonjour à une voisine, sans considération pour la nudité. Loin, très loin de nos complexes et de nos pudeurs occidentaux.....
Une fois dévêtue, il convient de trouver son emplacement. On cherche sur la paillasse (s'il y en a une) ou par terre en deuxième recours. Trois salles de température différente (de plus en plus chaudes) accueillent nos corps plus ou moins sensibles. Pour ma part, je préfère rester dans la première salle, assez chaude pour ouvrir mes pores et me faire transpirer. Je m'installe donc, près de Naïma en général, et l'on se savonne consciencieusement de savon buildi. On se rince ensuite avec notre pommeau de douche attitré (hammam de casa) ou avec un gobelet puisant l'eau des seaux que l'on a préalablement remplis.
La première fois que je suis allée au Hammam, j'avoue avoir été un peu gênée en pensant que je partageais ma toilette et ma nudité, moi petite « française », au milieu d'une dizaine d'autres femmes marocaines qui en faisaient autant. J'avais peur d'être regardée d'un mauvais œil, ou avec trop de curiosité. Mais je me souviens de ces jeunes et vieilles qui me regardaient avec un regard bienveillant et encourageant, en me souhaitant la bienvenue, et en riant dans un humour léger lorsque je rougissais sous les frottements du gant. N'étant pas de nature très pudique, et n'ayant pas à subir de regards inquisiteurs, j'ai pu très vite apprécié les bienfaits de ce moment.
Une fois la peau préparée, la séance de gommage (ou frottage) peut commencer. Des frotteuses passent leur journée au hammam pour proposer leur service en échange de quelques dh. Mais les femmes, venant en général à plusieurs, peuvent aussi très bien se frotter entre elles. Le gant en crin initie le mouvement, en un va et vient très compliqué que je ne maitrise finalement pas ou peu (mais je progresse:)). Il faut frotter doucement mais avec vigueur (hum), pour faire sortir toute la peau morte. On s'allonge d'un coté, puis de l'autre, sur la paillasse ou par terre (sur une table de massage dans les hammams de Casablanca).
Le gommage ainsi réalisé (environ 15 min.), l'on peut se rincer, se délasser, et terminer par une douche normale et un shampoing pour la formule la plus simple. On peut aussi faire des masques, ou un massage au savon.
J'aime l'ambiance qui se dégage du Hammam, décontractée, pleine de rires et de discussions en tout genre, comme si l'on était au salon en train de prendre le thé.....
Mes séances, qui durent entre 1h30 et 2h, sont toujours des moments très très agréables, que je chéris particulièrement. J'en ressors détendue, avec une peau et des idées neuves, pleine d'énergie positive. Je pense que c'est un effet général.
C'est sûrement pour cela que lorsqu'on sort du hammam, les gens qu'on croise, quidams ou proches, nous lance « b'sâa » (phonétique), intraduisible en français mais qui suppose une sorte de congratulation, de bénédiction pour un plaisir que l'on a eu.
Crédit photo : ile-des-poetes.com (il est impossible de prendre une photo dans un hammam. J'ai choisi cette photo car la pièce ressemble beaucoup à ce que j'ai connu à Casablanca)


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