Mais je m'égare. Marrakech donc....
Déjà, le voyage depuis Casa me permet de voir la traduction du climat, de plus en plus aride, sur les terrains qui nous entourent. Pourtant, Casablanca n'est qu'à deux heures de Marrakech. Mais si la première est au bord de l'océan, la seconde s'enfonce dans les terres, aux portes du désert.
Les palmiers se multiplient donc, et empiètent sans pitié aucune, sur les pâturages. Ces arbres sont d'autant plus nombreux dans la province qu'un décret royal (la loi suprême) interdit de les couper. C'est d'ailleurs pourquoi les routes marrakchies sont faites de zigzag et de nombreux rond points.
Mon entrée dans la ville est frustrante, puisqu'elle n'est pas. En effet, ma famille a réservé un appartement dans une résidence quelques km avant la cité impériale. Je ne m'étais pas préparée à croiser autant d'occidentaux au mètre carré. Entre la semaine sainte en Espagne et les vacances de pâques en France, c'est une nuée de touristes, rougeoyant sous le soleil marrakchis que je croise dans le dédale de la résidence. Enfin je suis contente car on ne peut pas me prendre pour l'un d'entre eux. Et non, je ne suis pas en mini jupe ni en débardeur, mais en jean et gilet. Et oui, j'ai presque froid, et n'ose même pas montrer mes jambes, ce qui prouve mon acclimatation de longue date au climat marocain. Rectification : au climat casablancais pour le soleil, et au climat khouribgies pour les traditions. En effet, à Khouribga, il fait plutôt frais, et comme dans toutes les petites villes au Maroc, on repère tout de suite que je suis étrangère (même si je suis en voiture, avec des lunettes de soleil et que j'écoute de la musique marocaine. Véridique!!!!) et les tenues sont beaucoup plus traditionnelles. A Casa, je peux profiter du soleil et l'on rencontre beaucoup de jeunes filles pâles en mini jupe, etc. Je pourrais presque passer pour une marocaine...:)
Bref, je m'égare bis. Je profite du luxe de la résidence et de ses nombreuses piscines (je viens de lire que Le routard nomme cette résidence « l'hollywood marrakchi ») et ronge mon frein pour visiter la ville, qui est trop éloignée pour que je songe même à prendre un taxi, qui me coûterait les yeux de la tête.
la résidence La Palmeraie
Et comme j'y tiens à mes pupilles, j'attends...le soir; lorsque ma famille m'amène, à la tombée de la nuit sur la grande place de Marrakech, Jernaa-El Fna. El fna a beau vouloir dire « fin du monde », c'est la vie qui grouille sur cette immense place. Ambiance garantie. Les 100aines de touristes présents apprécient les tatoueuses de henné, les conteurs et musiciens, les charmeurs de serpents, dresseurs de singe, guérisseur et voyantes. Comme ce spectacle donne faim, des stands sur roulotte organise le ravitaillement. Escargots, tête de mouton, ou pour les moins téméraires, comme moi, couscous, tajine, brochette, aubergines, pour un prix dérisoire. Les roulottes de jus de fruits frais à 4 dh (40 cent d'euros) nous accueillent après ce dîner « typique » mais surtout très touristique. La médina jouxte la place, et là, c'est l'enfer...à noter que personne ne m'a pris pour une française, mais toujours pour une espagnole (en témoignent les « ola guapa » à profusion). On traverse sur la pointe des pieds mais Naima m'y ramène le lendemain pour que je puisse prendre des photos de jour et que j'achète définitivement tous mes cadeaux marocains (ahahah, je sens le regard de mes proches s'animer:)). Je me suis fait mon petit plaisir : un sac marocain, type gros cartable, valise de cabine (appelons le « cartise »), type « louis vuitton » dixit le vendeur. Ahahahah.
La place, de nuit et de jour
J'ai peu visité la ville finalement, étant peu portée sur les monuments en général. J'ai préféré profiter de mes trajets en voiture pour observer les gens (c'est mon grand passe temps finalement. Rachid me conseille de devenir anthropologue:)) et poser des questions à Rachid et Naima, qui m'ont appris plein de petits détails, peut être insignifiants, mais qui m'ont changé des visites touristiques et m'ont fait apprécier d'autant plus ma chance de vivre cette expérience marocaine dans une famille.
Chance qui s'est illustrée dans une très belle soirée, improvisée, avec des soeurs de Naima et leurs conjoints. Pendant que leurs enfants me dessinaient des dessins avec des cœurs partout (je les aime ces bouts de chou), nous nous sommes bien amusés en écoutant de la musique marocaine. Chaque soeur a dansé, je m'y suis même mise, découvrant encore de nouveaux muscles, pas même découverts lors de mon expérience au Sénégal. J'ai été honorée de partager ce moment entre marocains, une vraie soirée nostalgie à écouter des morceaux qui ont bercé leur enfance, à essayer de déchiffrer un débat véhément sur qui est le plus grand chanteur marocain, en buvant du bon vin de l'Atlas....
Pour revenir à la ville, le détail frappant, finalement, outre le climat incroyable (mon dieu que je n'aimerais pas y être l'été, mais que ce doit être agréable tout le reste de l'année), les dromadaires et les palmiers, c'est la quantité incroyable d'hôtels de tout standing (bien que nombreux très très luxueux) et d'appartements à vendre. D'où le titre du post, j'y viens. hihihi. C'est une ville immobilière avant tout, construite à l'excès, pour profiter de son succès récent (il y a 20 ans apparemment, Marrakech recevaient très peu de touristes étrangers. Il a fallu une politique volontariste du royaume pour en faire ce qu'elle est devenue). Les entrepreneurs se ruent sur les terrains et construisent des résidences à tout va, les familles marocaines se précipitent pour y acheter un appartement, ainsi que les retraités occidentaux.....Voilà pourquoi la ville en elle même m'est apparue « très commerciale ». Mais je n'y suis restée que trois jours, et je comprends déjà son attrait, j'espère y revenir pour découvrir ses secrets.
Nouveau quartier de la ville, bordé d'hôtels et d'un nouveau centre commercial, le 1er du genre au Maroc







Dimanche dans le Barouf(une de mes émissions sur Campus), yavait une chronique Gnawis et trans marocaine : on a passé Mahmoud Guinia au festival de Casa, Nass el Ghiwane, Haba haba spirit (e Casa !!) et Gnawa diffusion, et on a fait sonner les qraqeb(je crois que c'est comme ça qu'on dit) au rythme du pas, du trot et du galop d'un cheval.
RépondreSupprimerCa aurait fait une bande soi pour ce post...
Merci Maëlle.