mardi 20 avril 2010

Fès la spirituelle

Si je parle de voyage, c’est bien pour aller quelque part. Je me suis en fait rendue à Fès, la capitale spirituelle du pays. Cerise sur le gâteau, j’ai retrouvé Dianel, Olivia, et Natalia, mes amours de mexicaines, ainsi que des amies à elles, une espagnole (Sandra) et une italienne (Michaela). Toutes sont en Erasmus à l’IEP cette année.

Une claque de souvenirs et de nostalgie m’a un peu déséquilibrée en les revoyant, mais on a bien vite fait la place à la découverte.

J’ai profité du tour qu’elles avaient réservée pour m’incruster. Les filles ont en fait réservé 10 jours en demi-pension, avec 4x4 et guide, pour visiter le centre du Maroc et le désert. Et mon expérience avec elle m’amène à relativiser mon mauvais a priori sur les tours organisés. Bon je reste définitivement réfractaire aux tours dans les clubs, tout compris, sans aucune spontanéité, ni découverte originale. Par contre, prendre un jeune guide avec chauffeur, avec quartier libre l’aprèm, sans se prendre la tête de l’hôtel et du diner, c’est quand même pas mal. D’abord, on gagne un temps fou en termes d’organisation et de transport, ensuite on découvre pas mal de choses dont on serait passée à côté avec l’aide seule du guide du Routard.

On a donc bien profité de la ville, en une seule longue matinée. D’abord, on est allé voir le palais royal du roi. Hassan II a laissé à son fils (le roi actuel, Mohamed VI) un palais dans chaque ville importante du royaume. Celui de Fès occupe 80ha. A noter que le roi n’est pas très intéressé par ces marques de faste et de prestige. Par exemple, à rabat, il a préféré retaper la villa de son grand père pour y vivre avec sa famille plutôt que de vivre dans le palais comme le veut la tradition.

Ensuite, nous avons bénéficié d’une super vue sur la ville (encore une fois, vive les tours je le reconnais car ça aurait été galère avec un moyen de transport autre, et trop cher). On a ainsi pu avoir une vue d’ensemble de l’ancienne médina, de l’architecture de la ville, et du nombre incroyable de mosquées. On trouve également l’université Al Quaraouiyine, considérée comme étant la plus ancienne université dans le monde, encore en activité.

Petit tour en suivant par un centre de formation en poterie et en céramique. On a pu assister à toutes les étapes de l’élaboration d’un plat ou d’un vase, c’est assez impressionnant, surtout au niveau de la taille de la pierre. Sans outil mécanique, seulement à l’aide d’un burin, les apprentis parviennent à dégager de la pierre de petits motifs comme des étoiles, des triangles, etc.


Enfin, on a marché longuement dans la médina, à la découverte de quartiers qui se succèdent mais qui ont chacun leur identité et leur corps de métier : tisserands, tanneurs, travailleurs du cuivre, travailleurs de teintures de tissus, etc. Une ballade très sympa au cœur de la ville, que je recommande vivement à tous les routards. Le must, c’est le petit côté dangereux des ruelles où des mules et ânes arrivent par derrière, subrepticement. Heureusement, leur propriétaire reconnaissent les touristes même de dos apparemment, et nous hurlent toujours « attention » à temps :).Un gros problème à souligner néanmoins : le quartier des tanneurs (cf. photo ci-dessous). C’est très impressionnant de voir les hommes travailler le cuir de cette façon, en faisant passer les peaux de cuve en cuve (nettoyage, fiente de pigeon pour l’ammoniaque, nettoyage bis, teinture naturelle par la suite) et effectivement c’est assez photogénique. Néanmoins, les hommes travaillent dans des conditions plus qu’horribles, les touristes s’extasiant toute la journée au dessus de leur tête, un brin de menthe collé sur le nez pour résister à l’odeur puante. Vous me direz que ce sont ces touristes qui permettent à ces gens de travailler. Certes. Néanmoins il faut savoir que dans l’ensemble du reste du pays, la fabrication de sacs est devenu moderne et mécanisée, tout en conservant un savoir faire ancestral dans le traitement du cuir. Seul le site de production de l’ancienne médina de Fès a été conservé tel que, seulement pour séduire les appareils photos des touristes. Cela a créé un gros débat, qui continue encore aujourd’hui au Maroc. Doit-on faire passer l’intérêt des touristes avant la dignité des hommes ? Pour moi, la réponse est claire, mais apparemment ce n’est pas le cas de tout le monde. J’aimerais savoir de quelle façon ces travailleurs sont rémunérés. Ils ne sont même pas organisés en coopératives. Ce sont donc sûrement les marchands des terrasses qui récupèrent le gros lot j’en ai bien peur.


Bref, outre cette petite précision, j’ai vraiment adoré cette escapade, à la découverte d’une autre réalité marocaine. Encore une fois, malgré le flot touristique assez important, surtout à cette saison, les marocains sont restés très cool avec nous, même les commerçants, qui nous ont fait essayer beaucoup de choses sans nous faire culpabiliser quand on n’avait pas envie d’acheter, c’était très agréable…..Mention spéciale aux deux guides des filles, qui ont tout fait pour arranger mon « incruste », et qui sont vraiment excellents !!! :)

lundi 19 avril 2010

Sac à dos

Enfin, je prends mes cliques et mes claques et je voyage…. Pour être plus précise, je me suis éclipsée avant la fin du séminaire que mon association organisait en partenariat avec la Fondation Anna Lindh. Disons que le séminaire touchait à sa fin et que je n’avais plus grand-chose à faire. Donc la culpabilité ne m’a pas paralysée au moment de monter dans le taxi, direction la gare si bien nommée « Casa-voyageurs ».
J’en profite pour rendre hommage à M. le taximan qui a tout fait pour que j’attrape mon train, petites escarmouches, doublements un peu limite, klaxon à gogo, discours encourageant, bref, merci monsieur.
Je monte donc dans le train à peu près 45 secondes avant le départ, et c’est parti pour 4h de trajet, où les paysages se suivent mais ne se ressemblent pas. Je reste bloquée le nez contre la fenêtre quasiment jusqu’à la tombée de la nuit. Les rivières, vallées, champs de blé ou pâturages se succèdent dans des couleurs vertes fantastiques. J’en profite car normalement, à cette saison, la nature commence déjà à griller. Le réchauffement climatique étant passé par là (et oui, il touche le monde entier, ne l’oublions pas), le Maroc a connu des pluies diluviennes cette année (ce qui a causé un nombre incalculable de problèmes de crues, de relogement, d’eau potable….).Bref, la nuit tombe, j’ai beau ouvrir mes mirettes en grand je vois plus grand-chose ; je m’avise enfin que j’ai des voisins qui ont l’air plutôt sympa. Enfin, c’est plutôt eux qui se chargent de m’aviser. Entourée donc d’un policier et d’un cadre du ministère des affaires étrangères, je papote, je rigole, j’apprends de l’arabe, et tout ça dans la bonne humeur. Franchement, j’adore le Maroc aussi pour ça. Je suis sociable en général mais parfois, je n’ose pas faire le premier pas ou je suis juste de mauvaise humeur. Jusqu’à présent, j’ai rarement vu les marocains se décontenancer, quelque soit leur milieu. Ils ne sont pas snob, au contraire. Ils sont curieux, sympas, attentionnés, ouverts, un peu charmeurs forcément concernant les hommes, complices concernant les femmes, et je dirai même plus, en général, facétieux et taquins. Un bonheur.....

vendredi 9 avril 2010

Question de genre

Je regardais hier le reportage d’Envoyé Spécial sur les femmes violentées en Palestine. Les journalistes ont suivi durant une journée le parcours d’une femme qui est venue porter plainte contre son mari. 3 jours après son retour à son domicile, son époux la défénestre du 4e étage. Pourquoi est-elle retournée à son domicile me direz-vous ? Tout simplement par « manque de place », ou « absence de danger de mort caractérisé » selon la directrice du foyer de femmes qui auraient pu l’accueillir.

Autre thématique abordé : les crimes d’honneur : un frère a tué sa sœur avec l’accord de sa famille car elle a accueilli un homme dans sa chambre en secret à l’âge de 29 ans. L’homme croupit en prison mais reste confiant car les crimes d’honneur sont encore « tolérés » par la justice palestinienne.

Un reportage marquant.

Cela me rappelle l’action d’une femme honorable au Maroc, qui tente de protéger de jeunes filles mères, certaines menacées de mort par leur famille.

Aïcha Ech-Channa a ainsi créé une association à Casablanca qui accueille des jeunes filles mères ou enceintes. L’association Solidarité Féminine a créé un hammam, une pâtisserie et un salon de coiffure, etc. qui emploie les jeunes filles, et une crèche pour garder les bébés durant la journée. Les femmes vivent ensemble dans plusieurs appartements du quartier. J’ai découvert cette association en me rendant au Hammam qu’elle gère (cf. post sur le Hammam). Les filles y sont douces, sympathiques et pleines de joie. Mais l’on voit dans leur regard comme un voile….Bien compréhensible lorsque l’on pense que toutes sont reniées par leur famille et que certaines sont recherchées par un frère ou un cousin assassin…

Pour la petite histoire, Aïcha Ech-Channa était une jeune infirmière puéricultrice. Suite à un accouchement, une jeune fille mère a abandonné son enfant pour pouvoir retourner dans sa famille. Aïcha Ech-Channa, devant cet acte d’une tristesse inouïe, a décidé de consacrer sa vie à éviter que ce genre de choses ne se reproduisent. Ce qu’elle a fait…..

Pour son travail incroyable, Aïcha a reçu le "Prix Opus" 2009 (USA), portant sur un million de dollars et récompensant les œuvres humanitaires les plus marquantes de par le monde.

Pour vouloir aider ces jeunes femmes en difficulté, Aicha a été menacé de mort à plusieurs reprises par les frères musulmans….

Femmes libres marocaines, palestiniennes ou d’ailleurs, je m’incline devant votre courage au quotidien….

Ci-joint des articles intéressants :

http://www.bastamag.net/article154.html

http://www.lavieeco.com/societe/15063-aicha-ech-chenna%20-the-million-dollars-baby.html


La générosité marocaine

Il y a de belles choses au Maroc, que j’espère vous faire découvrir grâce à ce blog. On peut en deviner certaines au travers de chacun de mes posts.
Mais j’aimerais consacrer celui-ci à la générosité et à la sincérité marocaine. Je parlerai surtout des rapports entre femmes, les plus simples et sincères selon moi.
Ici, à mort la fausse pudeur et la retenue. Les sourires, et les rires se déclenchent en un rien de temps. Les contacts physiques sont naturels et spontanés : on se touche, on se serre, on se prend la main dans la rue, on se congratule. On est avant tout complice.
Cette complicité s’accompagne d’un souci permanent de l’autre. Souci que l’on retrouve dans les nombreuses formules de politesse, qui me semble être dites toujours avec beaucoup de sincérité.
Lorsque je me rends aux séances d’activité des bénéficiaires par exemple, ces dernières m’accueillent toujours avec un sourire extraordinaire, mille gentillesses, et des regards qui me font fondre…..Je me suis tout de suite sentie accueillie, à l’aise parmi ces femmes fortes.
Lors de la fête de la femme qui a eu lieu le 10 mars dans la maison de Fatima, j’ai admiré le travail d’un bracelet en perle faite par l’une des jeunes filles faisant partie d’un autre projet dont s’occupe Naima. Le lendemain, Fatima me remet de la part de cette même jeune fille un cadeau qui vient du cœur : un bracelet et la bague assortie, le tout en perle
Lorsque je vais au Hammam, Naïma va passer du temps à me frotter, à son propre détriment. Au Hammam de Casa par exemple, j’ai fini ma toilette avant Naïma. Dés qu’elle l’a vu, elle a demandé à une de ses sœurs de me faire un massage, pour ne pas que je m’ennuie. Ce que Malika (une des plus jeunes sœurs de Naima) a fait avec plaisir, et tendresse. Lorsque la famille de Naïma se réunit, les blagues et vannes fusent, dans le sourire et le rire, sans fausse susceptibilité. On se lâche facilement, on s’émeut d’une musique, les yeux fermés, dans le brouhaha de la discussion des autres, on se met à danser seule dans le salon, on chante, on est gai et on apprécie les petits bonheurs de chaque instant.Ici, on aime donner, partager, rendre heureux, du moins dans mon entourage. Mais je crois réellement que c’est un trait important de la culture marocaine.
Comment dire à quel point ce genre d’attention, cette simplicité, me touche ? Je n’ai pas de mots. Tout ce que je sais, c’est que je suis souvent, très souvent émue ici….

Naima (à droite en blanc, et quelques une de ses sœurs, de gauche à droit : Sohade, Rahima, Latifa et Malika)


J’ai croisé le regard d’un homme

En allant faire des courses, pour nous remplir la panse. Au programme de ce vendredi, du couscous bien sûr. Ce n’est pas une obligation mais plutôt une tradition : tous les vendredis, le jour le plus important de la semaine pour l’Islam, le déjeuner se compose d’un bon couscous à base de viande, de navets, de carottes, de courges, de courgettes, de pois chiche, et de grains de couscous.

J’accompagnais donc Naïma ce matin pour acheter le nécessaire, lorsque j’ai été frappée par un homme au regard si doux et si bienveillant assis devant l’entrée du magasin de victuailles. Il est en train de préparer la paillasse d’une chaise, avec seulement quelques brins, assis à même le trottoir. Il nous salue avec politesse, et déférence.

J’ai envie d’en savoir un peu plus. L’avantage de vivre dans une famille marocaine est que l’on a accès rapidement à ce genre d’informations. Il s’agit d’un homme sans le sou, qui vient tous les jours « prendre son poste » devant le supermarché, à l’heure d’ouverture, et qui en repart tranquillement à l’heure de la fermeture. Il ne vit de rien, de petites créations. Sans mendier.

J’ai une admiration sans borne pour ces gens qui se lèvent le matin, sans perspective d’avenir, qui s’habillent avec soin, qui font leur toilette avant d’aller occuper leur place sur leur trottoir, aux heures où la plupart des habitants vont au travail en rechignant. Qui restent toute la journée en plein soleil, sans se plaindre, sans mendier, en se consacrant tous les jours à une tâche rébarbative, avec application et concentration, avec le sourire. Ces personnes sont l’incarnation du courage, de la persévérance. Ils ont trouvé le moyen de supporter leur existence difficile en s’astreignant un rythme régulier, tous les jours de l’année. Alors que personne ne l’y oblige, qu’aucun patron ne l’attend, qu’il ne gagne rien avec la création de ses petits bonnets. Mais c’est sa clé de sortie vers une vie plus rose, sa façon de s’échapper de la noirceur.

Finalement, cet homme s’en sort. Il force le respect dans le quartier et la plupart des gens venant faire leur course lui achète un petit quelque chose, ou, ce qui le rend le plus heureux des hommes, lui confie de petits objets à réparer, comme cette paillasse qu’il avait dans ses mains abîmées en cette belle matinée ensoleillée….C’est comme cela qu’il a trouvé le moyen de conserver sa dignité…

mardi 6 avril 2010

Hammam mon ami

Pour en avoir expérimenté de deux sortes, les uns à Khouribga et un autre à Casablanca, je pense pouvoir faire un petit résumé d'une visite au Hammam.

A Khouribga, l'entrée coûte 10 dh, ce qui permet à toutes les femmes qui le souhaitent de s'y rendre une fois par semaine ou tous les 10 jours à peu près. Les hommes espacent beaucoup plus leurs sessions apparemment;). A Casablanca l'entrée d'un hammam modeste coûte entre 10 et 20 dh. Les prix peuvent aller jusqu'à 400 dh pour les hammams de luxe tels qu'on les voit en Occident.

Une fois les considérations financières réglées, il faut envisager l'organisation. On ne peut se rendre au Hammam le plus basique sans son matériel : seaux (pour contenir l'eau qui nous rince, nous réchauffe et nous délasse), tongs (pour ne pas glisser sur les sols détrempés), natte (en plastique, pour s'asseoir). Ces accessoires peuvent être prêtés dans les hammams des grandes villes. Il faut aussi emporter le savon buildi « traditionnel », et tout produits de beauté que l'on juge nécessaires : masque, shampoing, etc, la pierre ponce pour les pieds, le gant de toilette en crin pour le gommage, des serviettes, un tricot et des vêtements souples pour la sortie du bain, ainsi qu'un bonnet ou un foulard pour ne pas attraper froid. C'est donc avec un sac de sport rempli et des seaux sous chaque bras que l'on se rend au Hammam de Khouribga. Les vestiaires nous permettent de nous dévêtir, entièrement si on le souhaite, ou l'on peut rester en petite culotte. Les corps de femmes de tout âge, et d'enfant, se côtoient dans la plus parfaite intimité, et dans la complicité même. On se sourit, on se prête les produits, on dit bonjour à une voisine, sans considération pour la nudité. Loin, très loin de nos complexes et de nos pudeurs occidentaux.....


Une fois dévêtue, il convient de trouver son emplacement. On cherche sur la paillasse (s'il y en a une) ou par terre en deuxième recours. Trois salles de température différente (de plus en plus chaudes) accueillent nos corps plus ou moins sensibles. Pour ma part, je préfère rester dans la première salle, assez chaude pour ouvrir mes pores et me faire transpirer. Je m'installe donc, près de Naïma en général, et l'on se savonne consciencieusement de savon buildi. On se rince ensuite avec notre pommeau de douche attitré (hammam de casa) ou avec un gobelet puisant l'eau des seaux que l'on a préalablement remplis.

La première fois que je suis allée au Hammam, j'avoue avoir été un peu gênée en pensant que je partageais ma toilette et ma nudité, moi petite « française », au milieu d'une dizaine d'autres femmes marocaines qui en faisaient autant. J'avais peur d'être regardée d'un mauvais œil, ou avec trop de curiosité. Mais je me souviens de ces jeunes et vieilles qui me regardaient avec un regard bienveillant et encourageant, en me souhaitant la bienvenue, et en riant dans un humour léger lorsque je rougissais sous les frottements du gant. N'étant pas de nature très pudique, et n'ayant pas à subir de regards inquisiteurs, j'ai pu très vite apprécié les bienfaits de ce moment.

Une fois la peau préparée, la séance de gommage (ou frottage) peut commencer. Des frotteuses passent leur journée au hammam pour proposer leur service en échange de quelques dh. Mais les femmes, venant en général à plusieurs, peuvent aussi très bien se frotter entre elles. Le gant en crin initie le mouvement, en un va et vient très compliqué que je ne maitrise finalement pas ou peu (mais je progresse:)). Il faut frotter doucement mais avec vigueur (hum), pour faire sortir toute la peau morte. On s'allonge d'un coté, puis de l'autre, sur la paillasse ou par terre (sur une table de massage dans les hammams de Casablanca).

Le gommage ainsi réalisé (environ 15 min.), l'on peut se rincer, se délasser, et terminer par une douche normale et un shampoing pour la formule la plus simple. On peut aussi faire des masques, ou un massage au savon.

J'aime l'ambiance qui se dégage du Hammam, décontractée, pleine de rires et de discussions en tout genre, comme si l'on était au salon en train de prendre le thé.....

Mes séances, qui durent entre 1h30 et 2h, sont toujours des moments très très agréables, que je chéris particulièrement. J'en ressors détendue, avec une peau et des idées neuves, pleine d'énergie positive. Je pense que c'est un effet général.

C'est sûrement pour cela que lorsqu'on sort du hammam, les gens qu'on croise, quidams ou proches, nous lance « b'sâa » (phonétique), intraduisible en français mais qui suppose une sorte de congratulation, de bénédiction pour un plaisir que l'on a eu.


Crédit photo : ile-des-poetes.com (il est impossible de prendre une photo dans un hammam. J'ai choisi cette photo car la pièce ressemble beaucoup à ce que j'ai connu à Casablanca)

Marrakech - HOSTAL CITY

Mon surnom pour Marrakech. J'ai eu l'occasion d'y passer 3 jours avec ma famille d'accueil marocaine (à mon retour d'Espagne). Oui, la vie est dure je sais. Il faut dire que mon stage me permet beaucoup de flexibilité. Je peux travailler à distance, donc partir en vacances quelques fois, mais aussi travailler le weekend. C'est la réalité locale qui dicte mon emploi du temps.

Mais je m'égare. Marrakech donc....

Déjà, le voyage depuis Casa me permet de voir la traduction du climat, de plus en plus aride, sur les terrains qui nous entourent. Pourtant, Casablanca n'est qu'à deux heures de Marrakech. Mais si la première est au bord de l'océan, la seconde s'enfonce dans les terres, aux portes du désert.

Les palmiers se multiplient donc, et empiètent sans pitié aucune, sur les pâturages. Ces arbres sont d'autant plus nombreux dans la province qu'un décret royal (la loi suprême) interdit de les couper. C'est d'ailleurs pourquoi les routes marrakchies sont faites de zigzag et de nombreux rond points.

Mon entrée dans la ville est frustrante, puisqu'elle n'est pas. En effet, ma famille a réservé un appartement dans une résidence quelques km avant la cité impériale. Je ne m'étais pas préparée à croiser autant d'occidentaux au mètre carré. Entre la semaine sainte en Espagne et les vacances de pâques en France, c'est une nuée de touristes, rougeoyant sous le soleil marrakchis que je croise dans le dédale de la résidence. Enfin je suis contente car on ne peut pas me prendre pour l'un d'entre eux. Et non, je ne suis pas en mini jupe ni en débardeur, mais en jean et gilet. Et oui, j'ai presque froid, et n'ose même pas montrer mes jambes, ce qui prouve mon acclimatation de longue date au climat marocain. Rectification : au climat casablancais pour le soleil, et au climat khouribgies pour les traditions. En effet, à Khouribga, il fait plutôt frais, et comme dans toutes les petites villes au Maroc, on repère tout de suite que je suis étrangère (même si je suis en voiture, avec des lunettes de soleil et que j'écoute de la musique marocaine. Véridique!!!!) et les tenues sont beaucoup plus traditionnelles. A Casa, je peux profiter du soleil et l'on rencontre beaucoup de jeunes filles pâles en mini jupe, etc. Je pourrais presque passer pour une marocaine...:)


Bref, je m'égare bis. Je profite du luxe de la résidence et de ses nombreuses piscines (je viens de lire que Le routard nomme cette résidence « l'hollywood marrakchi ») et ronge mon frein pour visiter la ville, qui est trop éloignée pour que je songe même à prendre un taxi, qui me coûterait les yeux de la tête.

la résidence La Palmeraie

Et comme j'y tiens à mes pupilles, j'attends...le soir; lorsque ma famille m'amène, à la tombée de la nuit sur la grande place de Marrakech, Jernaa-El Fna. El fna a beau vouloir dire « fin du monde », c'est la vie qui grouille sur cette immense place. Ambiance garantie. Les 100aines de touristes présents apprécient les tatoueuses de henné, les conteurs et musiciens, les charmeurs de serpents, dresseurs de singe, guérisseur et voyantes. Comme ce spectacle donne faim, des stands sur roulotte organise le ravitaillement. Escargots, tête de mouton, ou pour les moins téméraires, comme moi, couscous, tajine, brochette, aubergines, pour un prix dérisoire. Les roulottes de jus de fruits frais à 4 dh (40 cent d'euros) nous accueillent après ce dîner « typique » mais surtout très touristique. La médina jouxte la place, et là, c'est l'enfer...à noter que personne ne m'a pris pour une française, mais toujours pour une espagnole (en témoignent les « ola guapa » à profusion). On traverse sur la pointe des pieds mais Naima m'y ramène le lendemain pour que je puisse prendre des photos de jour et que j'achète définitivement tous mes cadeaux marocains (ahahah, je sens le regard de mes proches s'animer:)). Je me suis fait mon petit plaisir : un sac marocain, type gros cartable, valise de cabine (appelons le « cartise »), type « louis vuitton » dixit le vendeur. Ahahahah.

La place, de nuit et de jour

J'ai peu visité la ville finalement, étant peu portée sur les monuments en général. J'ai préféré profiter de mes trajets en voiture pour observer les gens (c'est mon grand passe temps finalement. Rachid me conseille de devenir anthropologue:)) et poser des questions à Rachid et Naima, qui m'ont appris plein de petits détails, peut être insignifiants, mais qui m'ont changé des visites touristiques et m'ont fait apprécier d'autant plus ma chance de vivre cette expérience marocaine dans une famille.

Chance qui s'est illustrée dans une très belle soirée, improvisée, avec des soeurs de Naima et leurs conjoints. Pendant que leurs enfants me dessinaient des dessins avec des cœurs partout (je les aime ces bouts de chou), nous nous sommes bien amusés en écoutant de la musique marocaine. Chaque soeur a dansé, je m'y suis même mise, découvrant encore de nouveaux muscles, pas même découverts lors de mon expérience au Sénégal. J'ai été honorée de partager ce moment entre marocains, une vraie soirée nostalgie à écouter des morceaux qui ont bercé leur enfance, à essayer de déchiffrer un débat véhément sur qui est le plus grand chanteur marocain, en buvant du bon vin de l'Atlas....


Pour revenir à la ville, le détail frappant, finalement, outre le climat incroyable (mon dieu que je n'aimerais pas y être l'été, mais que ce doit être agréable tout le reste de l'année), les dromadaires et les palmiers, c'est la quantité incroyable d'hôtels de tout standing (bien que nombreux très très luxueux) et d'appartements à vendre. D'où le titre du post, j'y viens. hihihi. C'est une ville immobilière avant tout, construite à l'excès, pour profiter de son succès récent (il y a 20 ans apparemment, Marrakech recevaient très peu de touristes étrangers. Il a fallu une politique volontariste du royaume pour en faire ce qu'elle est devenue). Les entrepreneurs se ruent sur les terrains et construisent des résidences à tout va, les familles marocaines se précipitent pour y acheter un appartement, ainsi que les retraités occidentaux.....Voilà pourquoi la ville en elle même m'est apparue « très commerciale ». Mais je n'y suis restée que trois jours, et je comprends déjà son attrait, j'espère y revenir pour découvrir ses secrets.

Nouveau quartier de la ville, bordé d'hôtels et d'un nouveau centre commercial, le 1er du genre au Maroc