mercredi 5 mai 2010

La terre marocaine

Sentiments quelque peu confus éprouvés envers cette terre marocaine.
Je devrais plutôt dire « ces » terres marocaines, tant la diversité des paysages me surprend toujours. Ma région est très agricole, et les champs de blé mêlés aux coquelicots (faute de désherbants ultra chimiques) s’offrent à la vue sur 360 degréS. Cela n’empêche pas l'exploitation des sous-sols , qui regorgent d’une autre richesse : le phosphate. Les « déchets » de terre et de sable issus de l'exploitation intensive du matériau, forment des pyramides qui rompent la monotonie des terres plates cultivées. Ces pyramides se recouvrent avec le temps d’une belle toison verte, et deviennent des collines parmi d’autres. J’aime cette emprise de la nature……

Le sud, que j’ai découvert plus récemment, offre à lui seul une explosion de couleurs ! « Explosion » tant les paysages se succèdent mais ne se ressemblent pas. Les montagnes de l’atlas près de Marrakech restent cultivées, et l’on admire depuis la route en lacet des carrés de couleurs diverses dans les multiples vallées en contrebas. Très vite, une fois le col de Tichka dépassé (le plus haut passage routier du Maroc, 2260 m), la nature se raréfie et seuls de robustes arbustes miniatures trouvent leur eau dans la caillasse des montagnes devenues hostiles. Ces touches vertes parsemées sont presque attendrissantes, pour un temps. Une fois Ouarzazate atteinte, les plaines de pierre et de terre rouge s’installent et prennent le dessus sur le relief montagneux, qui se fait une toute petite place à l’horizon. La route rectiligne parait interminable. Parfois, au détour d’un long virage, ô miracle, une vallée apparait, grâce à un oued intact. Les lauriers, les rosiers, et les palmiers poussent alors en tout sens, et créent une magnifique oasis. Cette détente pour l’esprit et les yeux est néanmoins plutôt rare car les oueds, débordant 3 mois dans l’année, sont le reste du temps complètement asséchés.

Subtilement, progressivement, le sable s’insère entre les cailloux des plaines. Mais c’est sans prévenir que les premières grandes dunes apparaissent, dans le brouillard épais créé par le mélange dément du sable et du vent. Quelle émotion ai-je ressenti alors…. Ces dunes droites, choyées par le soleil, caressées par l’air. Jaune vif aux heures les plus ardentes, rosées à l’aube, bleutées à la tombée du jour…..Je n’y ai passé que 12 heures, mais 12 heures chéries, émouvantes, intenses, les yeux grand ouvert, à observer le glissement des grains dorés, la lumière mouvante, l’orage lointain….

La terre marocaine donne le vertige, le tournis, mais par dessous, j'’éprouve pour elle une infinie tendresse....

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